( 28 mars, 2010 )

MERCI MON DIEU

Merci mon Dieu pour ces morceaux de terre
Que vous faîtes jaillir du fond de l’océan
Merci pour ces tapis de sable blanc
Qui ceignent le rivage, appellent à la prière.

Merci pour le bonheur que vous donnez
L’oiseau qui s’éveille, le nuage qui plane
Merci mon Dieu pour le soleil d’été
Qui lance ses rayons en guise d’espérance.

Merci pour cette pluie qui sent si bon
Qui projette pour nous le parfum de la terre
Pluie du ciel qui caresse ma maison
Et qui s’enroule autour d’elle comme du lierre.

10.05.1985

( 22 mars, 2010 )

SUR MON ILE

Je suis bien sur mon île
J’aime le Pacifique
Et toi, petite ville
Tu es belle et pudique.

Je rêvais de tes baies
De tes plages, déjà
En songe, je t’aimais
C’était toi, Nouméa.

L’astre de ma naissance
Me disait de partir
Et vers la mer immense
Je poussais des soupirs.

Je peux me reposer
Je vis enfin mon rêve
Mon esprit est charmé
Dans ce beau pays d’Eve.

Un jour, je partirai
Couverte de colliers
De fleurs de tiaré
Pour ne pas oublier.

07.02.1986

( 22 mars, 2010 )

JE VIVRAI D’AUTRES VIES

Tu es, île jolie, paradis méconnu
Je vivrai d’autres vies, pour t’aimer davantage
Ton lagon est si clair que j’aime y plonger nue
Mon corps s’enivre en toi et je ne suis plus sage.

Sur ton sable doré, je roule dans tes bras
L’alizé me caresse, en passant, tendrement
Les vagues sans un bruit arrivent jusqu’à moi
Et recouvrent mon corps d’un voile de diamants.

Sous les araucarias , je respire le vent
Calédonie jolie, Caillou si précieux
Jardin aux mille fleurs, aux parfums enivrants
Tu montres des couleurs qui viennent des cieux.

Dans la brousse le soir, on entend le cagou
Souverain du Caillou, il se fait désirer
Il se cache et regarde à travers les bambous
Petit oiseau des îles, on voudrait t’admirer.

Un manou à la taille et les cheveux défaits
J’offre au soleil brûlant mes seins déjà dorés
Nouméa, j’ai connu d’autres lieux, mais jamais
De si beaux flamboyants mêlés aux orchidées.

Je m’endors chaque soir au son de ta musique
Je rêve de pilou ou bien de tamouré
Mon esprit est rempli de choses magnifiques
Et le jour me ramène à la réalité.

Si le monde t’ignore, je suis à tes pieds.

18.05.1990

( 22 mars, 2010 )

SOLEIL JE T’AIME

Quand le soleil s’est effacé
Quand il a plongé dans la mer
De l’autre côté de la terre
Doucement il va se lever.

Il a chauffé notre Caillou
Il a plissé nos yeux rieurs
A mis de la joie dans nos coeurs
Pour la partager avec vous.

Demain matin il reviendra
Quand le Cagou s’éveillera
Soleil je t’aime, enlace-moi
Je ne supporte plus le froid.

03.04.1990

( 22 mars, 2010 )

LA COLERE DU CIEL

Le ciel est en colère
Il inonde la mer de ses éclats de voix
La terre tremble d’effroi
Hommes que faîtes-vous au lieu d’être en prière ?

Les rivières s’en vont
Elles ne peuvent plus refermer leur manteau
Qui coule sans un mot
Et qui va recouvrir les chemins et les ponts.

Ciel, calme ton courroux
Il fait si chaud la nuit, renvoie-nous l’alizé
Nos corps sont fatigués
Fais-nous un ciel d’azur, fais-nous ton ciel si doux.

09.03.1990

( 22 mars, 2010 )

L’AURA DE NOUMEA

Comme un aimant d’amour, mon corps est attiré
Par la lumière astrale autour de Nouméa
Elle aspire mon être et je suis assurée
De retrouver bientôt l’aura de Nouméa.

J’avais trop de regret en quittant Tontouta
Depuis je parcourais la vie sans intérêt
Mais l’espour de retour ne m’abandonnait pas
Je croyais en demain et tout devenait vrai.

Je sens déjà sur moi l’air frais de l’alizé
Mes jours sont faits d’espoir et mes nuits sont plus calmes
Mon corps frustré aspire à se laisser bronzer
Je n’emporte avec moi que mon masque et mes palmes.

17.05.1989

( 8 mars, 2010 )

DANS L’EAU J’AI FONDU

Quelques jours de fatigue et mon corps s’est rendu
Il a laissé entrer, virus et compagnie
J’ai lutté contre tous et j’ai enfin gagné
Mais ce combat mortel, m’avait bien abattue.

J’ai vécu sur un fil, pendant ces derniers jours
A chaque instant le vent faisait vibrer le fil
Je marchais en tanguant, mon corps était si lourd
Je retrouve le jour, je reviens sur mon île.

J’ai brûlé, j’ai tremblé, j’ai tué les intrus
Des caresses des vagues, mon corps a manqué
Aujourd’hui j’ai craqué et dans l’eau j’ai fondu
La mer m’a révélée, je ne peux m’en passer.

21.4.1990

( 8 mars, 2010 )

NOEL SUR LE LAGON

Ce matin, au soleil, presque nue sur la plage
Et ce soir, bien coiffée, à Dieu, je rends hommage
Côte à côte et priant, ces peuples différents
Sont semblables ce soir, réunis par leurs chants.

Les robes, les colliers, les couleurs, les parfums
Se mêlaient à l’encens et ne faisaient plus qu’un
Noël sur le Caillou fait se tendre les mains
De discours, de promesses, n’avons nul besoin.

Dans la nuit étoilée, la ville est éveillée
Seuls les petits enfants sont allés se coucher
Comme dans tous pays, nous ferons réveillon
Et nous raconterons Noël sur le lagon.

24.12.1990

( 5 mars, 2010 )

CROISIERE DANS LE PACIFIQUE

A l’aube de mes cinquante ans
Pour célébrer nos vingt sept ans
De vie commune et de tendresse
Voici venir notre promesse.

J’ai tant rêvé d’une croisière
Nous serons bientôt sur le quai
De l’autre côté de la terre
Depuis si longtemps, j’espérais.

Sur le plus beau voilier du monde
Nous oublierons toute la terre
Nous voguerons au gré de l’onde
Nous appartiendrons à la mer.

Nous danserons, nous dormirons
Avec les vagues pour témoins
Les yeux fixés sur l’horizon
Nous serons seuls, main dans la main.

Croisière ardemment désirée
Sera le plus beau souvenir
D’une vie déjà bien remplie
Croisière, déjà je soupire.

11.2.1997

( 5 mars, 2010 )

ADIEU AU CLUB MED II

Nous avons rêvé, c’est certain
Mais c’est un rêve inoubliable
Déjà vers l’horizon lointain
Voilier, n’est plus qu’un grain de sable.

Nous avons longé le lagon
Bercés par les vagues de nuit
Nous étions confiants, nous dormions
Voilier, tu tenais notre esprit.

Un rêve de vie, exaucé
Une croisière au bout du monde
A jamais, souvenir sacré
Voilier, j’ai marché sur les ondes.

Nous avons été « Robinson »
Nos avons oublié la terre
Nous avons laissé la raison
Voilier, pour vivre avec la mer.

Adieu Bornéo, Grenadines
Vous prenez un peu de mon coeur
Sur les océans, tu chemines
Voilier, nous pleurons ta splendeur.

23.2.1997

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